Union internationale pour l'étude scientifique de la population
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Page d'accueil > Prix de l'UIESP> 1999 Laureate

Paulina Makinwa-Adebusoye
IUSSP Laureate 1999

Speech by Jacques Vallin at the Award Ceremony, Durban, December 7 1999

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Ma chère Paulina,

Hier matin, tu nous as demandé, avant de délivrer la toute première prestation scientifique de la Conférence, d’observer une minute de silence à la mémoire de Bill Brass. Au moment de te remettre, au nom du Président et du Conseil de l’union internationale pour l’étude scientifique de la population, le prix 1999 de l’union, je ne puis que m’empêcher de me situer dans le prolongement de cet hommage à ce grand homme, non pas tant parce qu’il a été lui-même président de l’UIESP, mais surtout en raison de son éminente contribution au développement de la science démographique en Afrique. Il a, sans doute plus que tout autre, œuvré à la formation de la génération des seniors africains dont tu fais partie et dans le sillage desquels se développent aujourd’hui les jeunes générations de démographes du continent. L’union envisage d’inscrire son hommage à Bill Brass dans la durée en fondant un nouveau prix, le prix William Brass, qui récompensera chaque année la meilleure contribution d’un jeune chercheur à l’un ou l’autre des séminaires de l’union. Mais, pour l’heure, ce n’est pas un débutant que nous entendons distinguer, mais un brillant senior !

Borbor Kandeh a rappelé hier que la première conférence africaine avait été organisée, à Accra en 1971, par l’UIESP et que la deuxième l’avait été, à Dakar en 1988, par l’UIESP avec l’union pour l’étude de la population africaine, l’uEPA. durban02.jpg (60383 bytes)La troisième l’est, cette année à Durban, par l’uEPA, avec, parmi d’autres, la collaboration de l’UIESP. C’est la fin d’une époque et le commencement d’une nouvelle donne, beaucoup plus équilibrée et très prometteuse. Notre Président, José-Alberto Magno de Carvalho, qui, malheureusement n’a pu venir à Durban et m’a donc demandé de le remplacer pour cette cérémonie, m’a aussi demandé d’en profiter pour affirmer clairement la ferme intention du Conseil de l’UIESP de coopérer avec l’uEPA sur base d’égalité. Et, de ce point de vue, la Troisième conférence africaine de population nous a apporté une grande joie. En effet, si, comme l’as dit son Président, mon ami Mumpasi Lututala, elle est un indicateur des nouvelles capacités de l’uEPA, il n’y a aucune crainte à avoir, l’égalité ne sera pas un vœux pieu : elle est déjà inscrite dans les faits.

durban03.jpg (52358 bytes)Que le Conseil de l’UIESP t’ait choisie, toi, Paulina Makinwa, pour recevoir le prix 1999 de l’union, est aussi un indicateur de cette égale capacité, non plus ente l’uEPA et l’UIESP, mais entre la communauté scientifique africaine et celles des autres continents. Que de progrès accomplis depuis Accra ! Tu en es, ma chère Paulina, le vivant témoin.

En effet, deluis que l’union a crée ce prix, pour honorer ceux qui, parmi ses membres, ont particulièrement contribué au développement de la science démographique et, d’une manière ou d’une autre, montré la voie aux jeunes générations, des collègues d’Europe, d’Amérique du nord, d’Amérique latine et d’Asie, ont été à l’honneur. Mais d’Afrique aucun ! Le fait que cette lacune puisse aujourd’hui être comblée est aussi un signe fort de la présence désormais pleine et entière des Africains dans la communauté internationale des démographes. Je suis heureux que ce geste fort puisse être fait aujourd’hui, à l’occasion de la troisième conférence africaine, où, justement, l’uEPA fait une brillante démonstration de sa pleine capacité à dynamiser cette communauté des démographes africains.

durban04.jpg (47852 bytes)Mais pourquoi, précisément, toi, Paulina Makinwa ? D’abord, bien sûr, parce que le Conseil a reçu, comme le veut la règle, une proposition en ce sens venant des membres de l’union. Mais surtout parce que, des candidatures présentées pour ce prix 1999 tu étais belle et bien la meilleure. Et ce, pour de multiple raisons, dont je ne mentionnerai que deux ou trois.

En premier lieu, tu as donné beaucoup de ton temps, de ton dynamisme, de ton savoir faire, à l’UIESP. Voilà 15 ans exactement que tu fais partie de commissions scientifiques de l’union, d’abord celle sur les migrations, de 1986 à 1989, puis des deux commissions qui se sont succédées sur le thème du genre depuis 1990. Et Dieu sait si les commissions de l’union ont du pain sur la planche !

Je dois dire que, dans ton cas, c’est presque un record. L’usage est en effet qu’en fin de mandat les commissions soient entièrement renouvelées, et dans leurs thématiques, et dans leur membres. Je ne saurais pas dire combien de membres ont appartenu à trois commissions… mais, trois sans discontinuer, c’est extrêmement rare !

En fait, ce n’est pas un hasard. C’est que ton activité scientifique a assez vite fait de toi un élément incontournable.

Du doctorat en sciences de la population que tu as obtenu à Harvard en 1976 à ton poste actuel à la tête de la Division pour la sécurité alimentaire et le développement durable de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies, tu as constamment situé tes recherches sur la population au cœur des grandes questions économiques et sociales auxquelles durban05.jpg (33525 bytes)sont confrontées les sociétés africaines. Ton tout premier article, publié en 1975 dans « Policy sciences and population », édité par Ilchman, Laswell, Montgomery et Werner, traitait de « Government policies and interest in Nigerian migrations » et ce fut le début d’une longue série de Publicationssur les migrations. Rien d’étonnant donc que tu aies été conviée à faire partie de la commission de l’union traitant du sujet.

 

Mais tu as eu tôt fait aussi de t’intéresser aux questions de genre et à leur rôle dans l’évolution des comportements démographiques. Tu as notamment présenté à la Conférence d’Asker, en 1988, une communication remarquée sur « les femmes chefs de ménage et la migration économique », qui fut ensuite publiée par Oxford University Press dans l’ouvrage « Women’s position and demographic changes », édité par Nora Federici, Karen Mason et Solvi Sogner. Et, huit ans plus tard, après avoir écrit de nombreux autres articles sur la question, tu as toi même édité, en collaboration avec Magritt Jensen, un ouvrage de l’UIESP : « Women’s position and demographic change in Sub-Saharan Africa ». Je ne citerai évidemment pas toutes tes œuvres, cela serait beaucoup trop long. Mais chacun aura compris qu’il y avait là une seconde raison majeure au choix du Conseil.

durban06.jpg (74683 bytes)Il y en a une troisième. Au-delà de ton œuvre scientifique proprement dite, et sans même parler de ton importante activité d’enseignement à l’université du Bénin, tu as aussi beaucoup contribué à l’animation de la recherche démographique dans ton pays, non seulement en tant que Présidente de la Population Association of Nigeria, de 1987 à 1995, mais aussi en prenant de lourdes responsabilités administratives, d’abord à la tête du Centre de recherche sociale, culturelle et environnementale de l’université du Benin, puis à celle de l’unité de population de l’Institut nigérian de recherche économique et sociale.

Et, finalement, consciente, dès l’origine, de l’enjeu politique du travail scientifique, tu n’as pas hésité à franchir le pas et à faire bénéficier directement de ton savoir le Ministère fédéral de la santé en y occupant, en 1995-1997, un poste de conseillère technique en matière de « population et développement », ce qui t’a, en fin de compte, conduite là où tu es aujourd’hui, à la tête de la Division de la CEA pour la sécurité alimentaire et de développement durable.

Autant de raisons qui ont fait de toi la meilleure candidate pour le prix 1999 de l’UIESP. Autant de raisons qui font que je suis heureux et fier de l’occasion qui m’est donnée de te le décerner aujourd’hui, au nom du Conseil de l’UIESP et en lieu et place de son Président.

durban07.jpg (93527 bytes)Mais, ma chère Paulina, il y a pour toi une petite surprise supplémentaire. Que dis-je ? une grande surprise ! Qui ajoutera un lustre incommensurable à l’événement : ce n’est pas de ma main que tu recevras cette médaille et le diplôme qui va avec, mais de celle de son Excellence le Premier ministre du Tchad, mon collègue et ami de longue date, Ouaïdou Nassour, qui nous a fait le grand honneur d’assister à cette cérémonie et que je remercie chaleureusement de donner ainsi toute sa force à l’événement.

Auparavant, je vais toutefois passer la parole à Mumpasi Lututala, Président de l’uEPA, qui a souhaité prononcer aussi quelques mots, puis à Wolfgang Lutz, Secrétaire général et trésorier de l’UIESP, qui rééquilibrera la séance en parlant anglais.

Jacques Vallin
Vice-Président de l’UIESP

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