Organisateur : Guy DESPLANQUES
Institut national de la statistique et des études économiques -
INSEE (FR)
La mobilité géographique à l'échelle des pays relève de nombreuses motivations. La principale est certainement celle de la recherche d'emploi, en particulier pour des personnes ayant suivi des études poussées. Une autre motivation, pour des jeunes, est la formation ; elle les conduit souvent à s'implanter là où ils ont suivi ces formations. La motivation politique est également importante, avec la demande d'asile.
Des motivations nouvelles se font jour : séjours de plusieurs années à l'étranger, parfois avec la famille, de cadres ou de techniciens appartenant à des entreprises multinationales, recherche d'un environnement plus agréable, avec le développement des résidences secondaires, débouchant parfois sur une implantation plus permanente, surtout au moment de la retraite
Toutes ces migrations sont aujourd'hui facilitées par la réduction des coûts de transport aérien, par la rapidité accrue des transports terrestres (train), par l'habitude des voyages, qui réduisent le prix de la séparation. Leur nombre augmente, mais il n'explose pas.
C'est que des freins à la mobilité existent : obstacles politiques du fait des politiques de maîtrise des flux, obstacles économiques liés au coût de la migration, obstacles culturels, linguistiques ou familiaux conduisant à la difficulté de s'adapter dans un pays, de quitter sa famille
La séance de présentation a permis de faire un point quantitatif sur les migrations internationales, tant au sein de l'espace européen qu'avec les "pays tiers". Elle a décrit les conséquences démographiques de ces mouvements migratoires, variables d'un pays à l'autre. Enfin, elle a dressé un panorama des politiques migratoires en Europe.
La première table ronde a abordé la question de l'avenir des migrations en Europe. L'exercice est difficile. Doit-on s'attendre à une immigration plus forte ? Le débat a été alimenté par des communications sur des pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne (Roumanie et Turquie) et un pays qui est à la fois un pays d'émigration vers l'Europe et de transit : le Maroc. Les immigrés futurs seront-ils des personnes plus qualifiées, pouvant prétendre à d'autres emplois que ceux qu'ils prenaient jusqu'ici ?
La deuxième table ronde a traité de l'intégration des populations immigrées. Quels sont les besoins d'information sur cette question importante de société, au plan national, au plan européen ? Un débat existe sur les indicateurs d'intégration. Peut-on valablement comparer les pays européens sur ce plan ? Des indicateurs sont-ils utiles pour conduire et pour évaluer des politiques ?
La troisième table ronde a porté sur les migrations qui n'ont pas en premier objectif l'emploi : migrations liées à la recherche d'un meilleur cadre de vie, migrations familiales, migrations d'étudiants ou encore de réfugiés. L'ouverture des frontières européennes est susceptible de modifier les comportements, d'étendre l'horizon géographique et, par là, d'avoir des conséquences sur les régions européennes.