Français English Español

VIEILLISSEMENT

Organisatrice : Marlène LAMY
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Institut de démographie (FR)

L'augmentation de l'espérance de vie et la baisse de la fécondité concourent simultanément au vieillissement de la population. Les générations nombreuses d'après-guerre arrivent à l'âge de la retraite et les actifs appartiennent aux générations touchées par la baisse de la fécondité. La part des retraités va donc croître et celle des actifs diminuer. Le recul de la mortalité aux âges élevés s'accompagne d'une augmentation de l'espérance de vie en bonne santé. Cependant au fur et à mesure que les générations du baby boom vont atteindre ces âges, l'Europe va devoir faire face à un accroissement considérable du nombre des personnes handicapées ou souffrant de maladies de dégénérescence. Le vieillissement de la population pose le problème du financement des retraites et des dépenses liées à la dépendance des personnes âgées et celui de l'effectif des actifs nécessaires à l'activité économique. Au plan familial, l'accroissement de l'espérance de vie change les rapports entre générations.

La séance de présentation a permis de faire le point sur la situation. Tous les pays n'ont pas fait le même choix quand ils ont réformé leur système de retraite : recul de l'âge à la retraite, augmentation des cotisations, système mixte. L'éventail des taux d'activité des seniors est large et actuellement certains pays ont des taux d'activité faibles au-delà de 50 ans. L'offre de travail et la demande de main d'œuvre s'adapteront-elles aisément ? Au moment de la retraite, l'espérance de vie sans handicap diffère selon les pays. Quelles sont les diverses politiques d'accueil des personnes dépendantes ? Face à l'accroissement du nombre des personnes très âgées les pays ont-ils déjà pris des mesures, prévoient-ils des aménagements ?

Dans l'ensemble, les actifs vont devoir travailler plus longtemps, mais partant à la retraite en meilleure santé qu'autrefois et avec une espérance de vie supérieure, ils vont aussi devoir organiser leurs nouvelles activités. La première table ronde a traité, d'une part des adaptations nécessaires au prolongement de la vie active (non discrimination à l'emploi selon l'âge, formation continue des individus, aménagement des postes de travail), d'autre part des activités de loisirs et de bénévolat dans l'emploi du temps des retraités.

L'augmentation de l'espérance de vie a entraîné un changement dans les structures familiales. Les sexagénaires, seulement grands-parents autrefois, sont désormais les enfants de personnes très âgées dont ils doivent s'occuper. La seconde table ronde s'est attachée à mettre en lumière cette nouvelle situation. Elle a montré le glissement dans la position familiale qui accompagne l'accroissement de l'espérance de vie et les problèmes que pose aux familles la présence d'un membre très handicapé. Elle a traité par ailleurs de l'intégration sociale des personnes âgées et des solidarités de proximité.

La troisième table ronde a fait le point, tout d'abord sur les différentes maladies dégénératives et l'augmentation du nombre de ceux qui en souffrent, puis sur les modes de prises en charge des personnes dépendantes et sur leur coût. En effet les modes actuels, prises en charges familiales ou collectives, vont devoir s'adapter pour répondre à une demande croissante. Les lieux d'accueil (hôpitaux, maisons de retraite, résidences, mais aussi maintien à domicile…) vont devoir se diversifier. Des financements doivent être trouvés.